Dans cet article, on va s’intéresser au DO Verisure de la gamme « Essence ». Cet article fait parti d’une série consacrée à l’alarme Verisure. L’ensemble des articles sont répertoriés ici.

Comme pour les produits déjà analysés, on va commencer par regarder très globalement la conception, puis on va s’intéresser aux composants et on va finir par une petite conclusion.

Premières images, premières constatations

Protection à l’ouverture/ à l’arrachement

A l’intérieur du boîtier, il y a une étiquette « EN 50131-1 Grade-2 Class II ». Cette norme est une norme européenne « volontaire » pour les systèmes d’alarme (non obligatoire), sur laquelle est basée la norme NFA2P. On note que la mécanique est prévue pour détecter l’arrachement. Sur l’image en dessous, le pion gris est sur une partie sécable, qui reste au mur en cas d’arrachement. Pour cela, le produit doit être monté vissé au mur avec une vis supplémentaire dans la partie sécable. On note sur le PCB, le bouton poussoir correspondant. Ce pion assure également la fonction de protection à l’ouverture du boîtier.

Vue d'ensemble du DO Verisure, avec la mécanique, le PCB (face radio) et la pile

Le produit que j’ai analysé avait été installé avec de l’adhésif. Dans ce cas-là, la fonction anti-arrachement n’est pas disponible, et même si le produit est conforme EN-50131-1, l’installation ne le sera pas. Le boîtier est fermé par des clips et peut être ouvert assez facilement.

Pile

Le produit est alimenté par une pile Panasonic cr123a, trouvable sur internet pour 1 à 3 €. On note que la pile est représentée sur le PCB, pour éviter de la monter à l’envers (bonne idée), car les deux contacts piles sont les mêmes.

Détection

La détection se fait à l’aide d’une ampoule Reed, comme il s’agit d’un seul capteur de type « Tout ou rien », ce détecteur est donc sensible à la fraude magnétique: pour « frauder » un détecteur, il est possible de d’approcher un aimant du détecteur, puis de forcer l’issue et le détecteur ne se déclenche pas.

Il y a en gros deux moyens (à ma connaissance) de « frauder » un détecteur d’ouverture avec un aimant:

  • Technique n°1: on s’introduit dans le logement sous un faux prétexte (démarchage,…) et on colle un aimant de même type que celui du détecteur, juste à côté du détecteur. Quand l’issue sera ouverte, le capteur « verra » l’aimant de fraude et pour lui elle sera fermée.
  • Technique n°2:, on repère le détecteur depuis l’extérieur de l’issue et on approche un gros aimant le temps de forcer l’issue et de s’introduire dans le logement. Problème de cette technique : il faut identifier le placement du détecteur depuis l’extérieur du logement, ce qui est possible pour les fenêtres mais difficile pour les portes.

Exemple en vidéo . Attention, il est facile de faire une vidéo quand on sait exactement où est le détecteur, beaucoup plus difficile quand on est devant une porte fermée et qu’on ne sait pas où est placé le détecteur.

Les détecteurs EN50131-1 grade III doivent gérer ce type de fraude. Cette détection n’est pas demandée par la version Grade II à laquelle répond le DO Verisure.

Quelque-soit le détecteur, avec suffisamment d’information, il est toujours possible de frauder. La sécurité d’un système d’alarme ce fait par la multiplicité des détecteurs et l’expertise de l’installateur. Par exemple, le cambrioleur pourra peut-être frauder un détecteur d’ouverture mais sera vu par un détecteur de mouvement.

ESI Group

Si l’on retourne le PCB, on trouve le nom du concepteur du produit : ESI pour « Essence System International », une société israélienne de conception de systèmes d’alarme.

PCB face micro

Connecteur accessoire externe

On note le connecteur blanc pour câbler des accessoires externes. Je n’ai pas trouvé de trace d’utilisation de ce connecteur chez Verisure, mais il est peut être utilisé pour d’autres clients ESI…

Revue des composants électroniques

On a majoritairement des composants CMS, avec quelques composants « trad »: l’antenne spiralée, les contacts piles, l’ampoule Reed et le bornier pour extension. Les composants les plus petits sont au format 402, et on n’a pas de BGA. L’ensemble de la carte est réparable. La carte n’est pas vernie, mais ce n’est pas forcément nécessaire puisque les composants sont assez gros. Pour plus de détails sur les formats de boîtier, vous pouvez lire cette page.

Côté radio , on retrouve un CC1101 (prix 2~3€). Le Do Netamo utilise la version « low cost » le CC110L, qui n’existait pas à la conception du DO Verisure. On a également un quartz 26 MHz.

Côté microcontrôleur, on est sur un PIC 18F25K20 (prix ~2€), on note aussi un gros boîtier SOT-8 avec 2 AOP: un OPA349 (moins d’1€) .

On note également un buzzer piézo de chez jlworld/SoniCrest (société basée à Hong-Kong): un HPS13C/808.

Ports de programmation / debug

Dans la datasheet, on trouve l’assignation des GPIO suivante:

Sur la carte on note deux ports qui paraissent intéressant: le port J1, en bas de la carte , en rouge, et le port J3, en bleu à côté du micro. Le port J3 correspond à une liaison série (pour le debug ou pour la production), le port J1 est un port de programmation.

Le brochage est le suivant, dans le sens de la photo:

J3 :

N° pin (de haut en bas) connecteurFonctionN° pin µC
1 GND
2TX UART µCpin 14
3RX UART µCpin 15
4Vpile

J1:

N° pin (gauche à droite)12345 (en carré)
FonctionPGDPGC/MCLRGNDVpile
N° pin µC252426

La mémoire « code » est protégée:

La mémoire « données » n’est pas protégée, mais pour l’instant, je n’ai pas réussi à en tirer grand chose.

Je n’ai pas réussi à dialoguer avec le port UART.

Conclusion

Globalement, on est sur une conception assez ancienne : la détection se fait avec une ampoule Reed, et on n’a pas de détection de choc. Mais, ce produit est facilement réparable et présente les fonctionnalités de base qui sont nécessaires : détection d’ouverture et d’arrachement. Ce produit est bien plus abouti que le DO Netatmo (revu ici).

Les mesures de protection de zone code ont été mises en place, ce qui est une bonne chose.